A Londres, les propriétaires s’enrichissent

Le Fonds monétaire international (FMI) a mis en garde vendredi le Royaume-Uni contre les risques qu’une surchauffe des prix de l’immobilier ferait courir à son économie.C’est l’un des talons d’Achille, avec la faible productivité, de la reprise économique dans le pays, selon le FMI. Aujourd’hui, ce prix moyen s’établit à 146.726 livres (180.000 euros), avec un premier achat à 30 ans. Si les prix avaient évolué au rythme de l’inflation, le prix moyen ne serait que de 28.500 livres (35.000 euros), selon la Banque d’Angleterre (BoE).Concrètement à Londres, les propriétaires londoniens s’enrichissent à vue d’œil : la valeur de leur patrimoine immobilier a en moyenne crû de plus de 60.000 livres en un an. Soit une hausse de 17% à 459.000 livres, d’après l’Office nationale des statistiques britanniques. A Londres, où le monde entier vient acheter des logements dont le prix moyen est de 480.000 livres (590.000 euros), 70% des appartements nouvellement construits dans le centre-ville ont été vendus à des étrangers, tout comme 50% des appartements de plus d’un million de livres, indiquait il y a quelques semaines l’agence immobilière Savills.Autre preuve que les hausses récentes des prix de l’immobilier au Royaume-Uni sont très élevées:  dans les années 80, le premier achat immobilier se faisait à 27-28 ans à un prix moyen de 17.000 livres (20.800 euros). L’OCDE avait aussi de son côté appelé à ce que des mesures soient prises pour “garantir le retour à un marché de l’immobilier équilibré“. Elle recommandait récemment, comme le FMI, un durcissement des critères d’attribution du programme gouvernemental d’aide à l’achat “Help to Buy“.  “L’inflation du prix des logements est particulièrement élevée à Londres et s’étend” dans le pays, relève l’institution de Washington dans un rapport de routine consacré à l’économie britannique. Pour tenter de limiter l’envolée des prix, le FMI suggère d’agir sur la demande de logements. Elle dépasse structurellement l’offre en raison d’une situation héritée du passée et de restrictions légales pour les nouveaux chantiers, par ailleurs déprimés depuis la crise financière. Mis en place en avril 2013 en Angleterre, il permet aux acheteurs de ne débourser que 5% de la valeur d’achat du bien (d’un prix maximum de 600.000 livres) qu’ils souhaitent acquérir.Le FMI indique également que le programme d’aide à l’achat “Help to buy” pourrait devoir être reconsidéré mais estime en revanche que la politique monétaire de la Banque d’Angleterre (BoE) devrait “rester accommodante pour l’instant“.Même si le pays présente pour l’instant peu de signes d’une bulle immobilière créée par des crédits abondants, “la hausse constante de la taille des nouveaux crédits immobiliers par rapport aux revenus des emprunteurs suggère que les ménages deviennent progressivement plus vulnérables à des chocs sur les revenus et les taux d’intérêt“, met en garde le rapport.La capitale tire clairement vers le haut les prix de l’immobilier au Royaume-Uni, puisque dans le reste du pays, la hausse moyenne constatée n’a été que de 4,7%.

Jean-Thomas Trojani