Faire revenir les primo-accédants, les taux évolueront peu en 2014

La production de crédits immobiliers en France devrait croître faiblement par rapport à 2013 si l’on retraite les renégociations de crédits qui ont atteint un niveau exceptionnellement élevé l’année passée grâce à la baisse des taux. A sons sens, les 150.000 à 200.000 financements qui manquent par rapport à la période d’avant crise sont quasiment uniquement dus à leur retrait du marché de l’accession. Ce chiffre avancé par Philippe Taboret est largement tiré par les financements “contraints” (environ 550.000 opérations) liés en premier lieu à l’appétence des Français pour la propriété, mais aussi à la mobilité professionnelle, aux séparations, aux décès, ou à l’agrandissement des familles. Pour revenir aux niveaux de crédits immobiliers d’avant crise en France, Philippe Taboret ne voit que “le retour des primo-accédants sur le marché de l’acquisition” qui ont quasiment disparu des radars depuis 2009. Bref, des dépenses qui résultent d’un projet de vie, plutôt que d’un investissement.De l’avis de plusieurs professionnels, le dispositif retrouve des couleurs en ce début d’année 2014. Ce qui tire la demande de crédit à la hausse. Concernant les taux de crédits immobiliers, peu de signes laissent présager une remontée fulgurante en 2014. Le “Duflot” est désormais mieux compris et les ambigüités techniques du dispositif, notamment sur la détermination des plafonds de loyers par les préfets, sont levées.C’est pourquoi le directeur général adjoint de Cafpi milite, comme d’autres professionnels du secteur, pour des mesures comme l’élargissement du prêt à taux zéro à davantage de ménages.Les effets concrets du renouveau de la titrisation ou du ralentissement de la politique monétaire accommodante américaine sont davantage attendus pour 2015, explique Philippe Taboret. Le pouvoir d’achat immobilier des Français ne devrait donc pas être affecté à court terme. Grâce aux niveau des taux d’intérêt de crédits immobiliers qui reste très bas à environ 3%, les renégociations devraient toujours représenter, “entre 10 et 15% de la production nouvelle en 2014“, estime Philippe Taboret, directeur général adjoint du courtier Cafpi.D’autant que des variations de prix significatives dans les zones tendues ne sont pas à attendre. Il prédit entre “650.000 et 700.000 financements d’opérations immobilières” cette année.Le dispositif d’aide fiscale à l’investissement locatif dit “Duflot” devrait en effet séduire davantage d’investisseurs que l’année passée, où seulement 30.000 opérations ont été lancées.Une mince éclaircie cette année pourrait en revanche provenir de l’investissement locatif dans le neuf.  Le gouvernement en attendait le double.

Jean-Thomas Trojani