La construction du pont de l’île de Ré, facteur déclencheur de la croissance des prix

A la lecture de l’évolution depuis 20 ans des prix qui s’y pratiquent, on peut penser que la question serait loin d’être réglée même si le bouclier fiscal – même dans sa version édulcorée d’aujourd’hui – n’était venu calmer leur révolte. Ré est en effet aujourd’hui, et de loin, l’île la plus chère de France métropolitaine. Plus loin, la Corse ne se place qu’en neuvième position du classement de MeilleursAgents.com qui comporte 13 îles. À 2900 euros le mètre carré moyen pour une maison, l’île de beauté se place juste devant l’île d’Oléron. “Ces prix sont étonnamment bas”, indique meilleuragents.com, qui explique cette “performance” par une grande hétérogénéité des biens entre la côte et “l’intérieur des terres où les prix sont beaucoup plus bas”.Le prix des maisons y atteint en moyenne 4602 euros du mètre carré, selon les chiffres du courtier immobilier MeilleursAgents.com, loin devant l’île finistérienne de Batz, deuxième à 4049 euros.Cette nouvelle attractivité a entrainé une spéculation immobilière galopante. Le prix du foncier sur l’île y a ainsi été multiplié par 20 depuis le milieu des années 1980.  Une vague de continentaux souhaitant s’assurer des vacances “entre soi” et une agréable retraite ont alors pu investir plus facilement les lieux, au détriment des ménages insulaires historiques. Le prix au mètre carré des maisons de deux autres fameuses îles que sont Noirmoutier et Belle Île se situent pour leur part à la septième et à la huitième place du classement à environ 3 000 euros du mètre carré. En queue de peloton, on retrouve trois îles bretonnes, celles de Groix (Morbihan), d’Ouessant (Finistère) et de Bréhat (Côtes d’Armor) où le prix moyen des maisons n’atteint pas plus de 2500 euros du mètre carré. On se souvient des polémiques autour de l’assujetissement brutal à l’ISF de certains rétais propriétaires de terrains qui avaient brutalement pris une valeur considérable. L’île de Bréhat a en revanche la particularité d’être l’île où les appartements, peu recherchés sur les terres entourées d’eau, sont les plus chers en France métropolitaine.Désormais, pour environ 8000 résidences permanentes, l’île de Ré compte près de 14 000 résidences secondaires. La population se multipliant par plus de 8 entre l’hiver et l’été.C’est en fait depuis 1988 et la construction du pont reliant au continent l’île chère à Lionel Jospin que les prix de l’immobilier ont grimpé en flèche.

Jean-Thomas Trojani

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